La famille modèle est-elle dépressive?

Posté le 29/10/2016

À l'ère de la technologie, nous avons la chance d'avoir au bout des doigts la réponse à toutes nos questions. Il en est de même pour les normes et conseils à suivre pour être un bon parent. La grande bibliothèque du savoir universel (internet) t'indiquera le bon chemin à suivre pour maximiser tes chances de conception, assurer le bon développement du bébé pendant une grossesse rayonnante, avoir un accouchement naturel et sans douleur, un allaitement harmonieux bien planifié pour ne pas dérangé dans les lieux publiques, accompagner son bébé dans son évolution du sommeil, de ses capacités moteurs et cognitives, reconnaître la croissance normale de son enfant et, surtout, être un parent exemplaire à la patience infinie et au calme inébranlable sans jamais négliger sa vie sociale et professionnelle. Mais attention! À minuit, un vilain gobelin de bibliothèque vient mettre la pagaille dans les livres et beaucoup de ces informations ne seront plus valides au levé du soleil. N'est-ce pas merveilleux?!

 

Je ne sais pas. Il me semble qu'après tout ça, je ne peux m'empêcher de me questionner sur le sujet le plus important : Qu'en est-il du bonheur de la mère, du père et du bébé. Nulle part dans ces conseils et ces normes on va parler de bonheur. Mais, n'est-ce pas ce que nous cherchons toute notre vie, le bonheur. N'est-ce pas ce que nous voulons pouvoir enseigner à nos enfants, être heureux. Admettons que tu réussis l'impossible et que t'as un enfant parfait comme dans les livres, que tu as une alimentation exemplaire, que tu fais tout l'exercice physique nécessaire selon les professionnels, que ta maison est impeccable, que ta vie intime avec ton conjoint ou ta conjointe rencontre aussi les normes, que ton patron t'adore et que tu ne manques jamais une activité sociale. Est-ce que tu es nécessairement heureux? Si ton enfant n'a pas d'étincelles dans les yeux en découvrant la vie, est-ce que ça te rend heureux? Si la planification de repas te stress tellement que tu en perds le sommeil, est-ce que t'es heureux? Si quand tu fais de l'exercice au gym, tu préférerais être à la maison avec ta famille à se chatouiller jusqu'à en faire pipi, est-ce que t'es heureux? Si ton conjoint ou ta conjointe tu ne l'aimes plus, que tu n'aimes pas ton travail et que tu n'as plus de réelle complicité avec tes amis, est-ce que tu es heureux?

 

C'est bien beau toutes ces normes pour bien paraître, de pouvoir se vanter de notre performance général dans la vie et qu'on a investi plus que la moyenne dans ses REER, mais je crois que le plus important est d'aimer qui tu es. Ça veut dire être fier de tes choix et tes décisions, d'être vrai à toi-même. Parce que quand tu vas te coucher le soir et que tu réfléchis à ta vie, il y a juste toi qui vit avec tes émotions et ton état d'esprit. Il y a juste toi qui vit avec les conséquences de tes actions ou inactions. C'est bizarre dit comme ça, mais il faut être égoïste dans son bonheur. Ça ne veut pas dire être heureux au détriment des autres, ça veut juste dire ne pas faire le bonheur des autres au détriment de soi et son propre bonheur.

 

Dans le fond, ce que je veux te dire, c'est que cette image qu'on se fait de la famille modèle occidentale, ce n'est rien d'autre qu'une illusion. La famille idéale, c'est toi qui la crée selon tes critères, tes priorités et tes valeurs. Et la famille idéale de l'autre sera faite selon d'autres critères, d'autres priorités et d'autres valeurs. Ce qu'il y a de plus beau dans tout ça, c'est que toutes ces familles idéales sont parfaitement imparfaites et c'est ce qui les rend aussi merveilleuses. La diversité et l'authenticité, c'est ça le vrai bonheur. Sois-toi, aimes-toi et sois heureux!

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